édition 2007
Troupe de la SACAT de Sésame Autisme
- Jeudi 13 septembre 2007 à l’espace Cassin
« Chemins de Paroles »
Les enfants de trois classes du primaire arrivent et s’installent aux premiers rangs. Viennent ensuite les travailleurs du CAT de Sésame Autisme 44 venus voir leurs collègues sur scène. On se dit que le spectacle va avoir lieu « en famille ». Mais voilà un minibus qui arrive puis un autre , un autre encore. On ajoute des chaises, d’autres chaises aussi. Et toujours les véhicules dont descendent des malvoyants, des handicapés mentaux ou moteurs, des qui voudraient bien être autrement mais qui ne peuvent pas, des qui pourraient peut-être vivre autrement mais qui ne veulent pas ; tous les fracassés de la vie, les amputés du bonheur semblent s’être donné rendez-vous ce jeudi matin, salle René Cassin. Plus de deux cents spectateurs !
Sur le plateau, sept adultes autistes, femmes et hommes, conteurs au verbe incertain, musiciens de l’improbable. Leur plus grande victoire : se tenir devant nous, seuls sur scène.
Le spectacle commence.
En tant que spectateur, je me dis que je vais sûrement être ému de voir ces gens surmonter leur maladie, leur handicap, je ne sais pas quel terme utiliser, j’ai un peu peur des mots, peur de ma maladresse quand je parle d’eux, peur de leurs maladresses sur scène qui pourraient me mettre mal à l’aise.
Peur de quoi, en fait ?
Peur de la différence ?
La différence est là, je ne peux pas la nier : silences inhabituels entre les phrases, hésitations, déplacements sans but, sans raison.
Sans raison ?
A moins que j’accepte de sortir de ma propre logique pour tenter d’entrer dans la leur.
Alors je perçois que les silences sont habités d’une multitude de questions auxquelles ces conteurs-là doivent répondre avant de reprendre la parole pour que leur présence ici et à ce moment-là ait un sens.
Alors je comprends que les hésitations sont bien l’expression de l’importance accordée à chaque geste.
Alors je réalise que les déplacements sans but me parlent de l’errance de chacun de nous.
Ce que je croyais maladresse réanime en moi des fragments oubliés d’intelligence.
Mon regard sur l’art de raconter des histoires, ma façon d’écouter de la musique ne pourra plus jamais être la même.
CATHERINE GENDRIN
- Vendredi 14 chez Muriel Foucher
- Samedi 15 chez S. et P. ordronneau
Une route bordée de soie
Pendant plus d’une heure, Catherine Gendrin nous mène sur la route de la soie et seules quelques mélopées interrompent le cours de l’évocation. Elle puise dans la mythologie, les cultures et les traditions de puissantes histoires qu’elle conte sans rien laisser au hasard, avec concentration, rigueur des mots et expressivité du regard et du geste.
Une princesse chinoise emporte dans sa caravane le secret de la fabrication de la soie et son voyage vers l’occident est l’occasion de haltes et de rencontres qui se font et se défont…
Au Kirghizistan, nous croisons les destins tragiques de Trotte-menue et de Bouse-sèche, celui d’un enfant-loup en Ouzbékistan et l’ultime combat entre son grand-père et la louve. La route se poursuit entre le Turkménistan et l’Afghanistan ; au despote qui demande : « Qui de la braise ou de l’eau a fait ce « pschitt » que tu viens d’entendre ? Et en quelle proportion ? », la vieille femme répond : « Et qui de ma main ou de ta joue a fait ce « clac » que tu viens d’entendre ? Et en quelle proportion ? ». Ainsi, le despote aura appris à ses dépens que colère et rire sont les armes des pauvres et qu’on ne peut interdire les conteurs, les bavards et les histoires. Non loin de Bagdad, la ville des mille et une nuits, à Babylone, il faut que Pyrame et Thisbé soient retrouvés enlacés dans leur ultime sommeil pour que leurs deux familles abattent le mur de la haine qui les séparait. En compagnie de Io, nous sautons le Bosphore (appelé passage de la vache), seul passage entre la mer noire et le mer Marmara, entre l’orient et l’occident. Quelques pas encore et se dresse dans toute sa force Hercule, le héros grec, dit aussi Schwarzenegger en Etasunien (« Hercule à New-york » est, il est vrai, le film dans lequel il a tenu son premier rôle au cinéma) ; en conflit avec la pomme de la discorde, il apprend à passer son chemin...
Ainsi, tout au long de cette route riche d'enseignement qui s'est déroulée comme un long fil de soie jusqu'en méditerranée, les histoires ont tissé le lien.
BOB BOURDON
- Vendredi 14 septembre 20h Chez C.Milet et G. Le Merdy
« Glooscap »
La pièce a été entièrement vidée de ses meubles. Des bancs occupent tout l'espace. 25 places offertes. Nous y serons 40, serrés, installés également dans l'escalier. Il faut dire que 4 conteurs plus un journaliste de JET FM, qui va enregistrer tout le spectacle sont en surnombre pour écouter Bob Bourdon, Robert Seven Crows de son vrai nom, Amérindien de souche avec une petite touche d'Acadien.
Bob trouvera une petite place devant un coquelicot géant qui décore le mur. Il s'accompagne de son tambourin pour chanter le chant du rassemblement et nous voilà partis.
Pour La Grande Ville où une jeune indienne, enceinte, a choisi de s'exiler. Ses amis, bons génies, lui offrent un jeune castor. Et voilà qu'un récit moderne, basé sur des faits réels, devient un conte où le castor prend toute sa place, ou l'amitié, la générosité, l'attention sont les formules magiques qui permettent de sortir des situations les plus désespérées. Et puis nous côtoyons l'Aigle du Vent et autres animaux mythiques qui nous deviennent tout de suite familiers. Nous sommes aux confins du monde, aux confins du temps, nous sommes chez nous.
Bob parle toujours avec une grande douceur et une grande économie de moyens ; mais quand il pousse, d'un léger mouvement, son canoë d'écorce, nous sommes sur l'un de ces multiples lacs bordés de grandes et lourdes forêts, et nous glissons avec son récit…
La maison était petite , mais l'accueil chaleureux. Nous nous retrouvons devant une table dressée dans la rue à déguster un punch et la soirée s'étire avec le plaisir d'être ensemble.
ABAKAR ADAM ABAYE
- Jeudi 13, café des Halles
- Vendredi 14 café du Bac
- Samedi 15 café le Tabula
Quelques habitués, des festivaliers, beaucoup d’enfants, le café est fin comble.
Abaye nous entraîne dans une suite de contes fins, drôles, profonds. Il les ponctue d’intermèdes musicaux, chants accompagnés du goni et parfois lance des appels tonitruants avec une sorte de hautbois sauvage à la puissance 1000 fois plus forte que notre douce bombarde...
Deux clients, alarmés hésitent à entrer, vont faire demi-tour. Une spectatrice, debout sur le seuil, les happe par le bras les pousse de force. Ils se font une petite place au fond, écoutent la fin des histoires, parlent entre eux.
Je ne saurai pas ce qu’ils en ont pensé, mais surement qu”ils s’en souviendront !
NICOLAS BONNEAU
- Vendredi 14, chez Martine et Xavier BAUDRON
- Samedi 15, chez Gaëtane et Bertrand RIOCHET
« Sortie d’usine »
Vendredi soir en extérieur sur la terrasse, chez Bertrand et Gaëtane.
Soixante personnes attentives écoutent le chahut de bruits métalliques que fait Nicolas en coulisses. Le spectacle commence et tout de suite nous voici dans le vif du récit : le désir de Nicolas, fils d’ouvrier soudeur d’entrer en contact avec le monde de l’usine, tel qu’il est vécu de l’intérieur par ceux qui y travaillent. Comment il y parvient par l’intermédiaire Mr Simonneau, ouvrier en retraite, qui a gardé le contact et ses petites entrées dans l’usine et qui lui propose un peu comme un défi de l’emmener voir les gars au travail. Comment il y découvre tout un univers : le travail pénible et insalubre des ouvriers aggravé par l’attitude inutilement hostile de l’encadrement et la mauvaise qualité des conditions de travail, les petits chefs et les délégués syndicaux, différents ouvriers et ouvrières, et aussi le bistrot et son patron.
Nicolas nous fait vivre tous ces personnages en situation, il est tantôt le délégué syndical, tantôt l’ouvrière ou l’ouvrier, et nous les reconnaissons à un geste, un tic, une intonation. Ils vivent et souffrent et rient aussi, et nous avec.
Héritier de la tradition du conte, Nicolas Bonneau collecte des paroles, des souvenirs, des regards singuliers d’ouvriers sur leur vie au quotidien. Mais les anecdotes et autres petits faits vrais qu’il relate, en jouant de tous ses talents de comédien, entretiennent une mémoire de cœur, de chair et parfois de sang de la condition ouvrière, souvent occultée ou entretenue par des études savantes de sociologues et autres ethnologues.
Le spectacle de Nicolas Bonneau, au-delà de ses qualités artistiques, a profondément ému les spectateurs : chacun y a retrouvé des bribes de sa propre histoire familiale et sociale.
Avec une démarche artistique originale, il s’inscrit dans la tradition du conte en lui donnant une dimension totalement contemporaine.
NORA ACEVAL
- Vendredi 14, chez Jean Pierre BECK
- Samedi 15, chez Céline LORAND
« La science des femmes »
20 h 30, au bout du quai Provost, chez Céline Lorand. Une bonne cinquantaine de personnes – on a un peu dépassé la jauge prévue, mais c’est très bien comme ça - se pressent pour grimper les quelques marches permettant d’accéder à la grande maison rénovée qui fut naguère un café populaire très fréquenté : « A la descente de la marine ».
Histoires d’autrefois, d’ailleurs et d’ici. La conteuse franco-algérienne dit ces contes populaires et grivois que se transmettent les femmes sur les hauts plateaux de son sud-ouest algérien d’origine. Récits qui disent leur rouerie et la science de la tromperie que leur prêtent ces vieux imaginaires où l’homme tient la place du jaloux berné, ignorant et nigaud. Sourires jaunes ? Instructif et troublant.
Une collation de simple et bon aloi, gros pain de campagne et pâtés de même, accompagnés d’un tonnelet de rouge léger, de Loire, prolonge le plaisir dans un aimable brouhaha.
De femmes et d’Algérie, la conteuse parle encore, entourée, remerciée.
DEBORA DI GILO et FABIENNE MOREL
- Jeudi 13,9h30 et 11h30
- Vendredi 14, 10h30, Sésame Autisme
- Vendredi 14,18h30, chez Jérôme ADELINE
- Samedi 15, 20h30 chez Yves Marie et Valérie DALIGAULT
« Histoire(s)de perdre la tête »
Un duo qui fonctionne à merveille, un vrai spectacle de scène dans ce salon du Pellerin.
Chants, mimes, danses accompagnent des contes sanguinaires reconnus.
De l'émotion, de l'humour et beaucoup de rire pour les 60 personnes captivées par les conteuses comédiennes.
Quelques scènes hilarantes telle la mort du dragon qui a reçu sur le front un oeuf de pigeon décrite
par un journaliste de télévision qui se croit à un match de foot !
Un beau spectacle, un public enchanté, un accueil chaleureux, la soirée se termine autour d'un verre
dans un jardin clos du bourg.
SANI BOUDA
Vendredi 14, 17h30 chez Michel et Marie-Anne Bodin
« Gatan gantanku »
Le spectacle devait avoir lieu dans le salon… Mais après avoir découvert le grand jardin et le four solaire, Sani préfère conter dehors, près du grand chêne, avec le soleil déclinant : « je me sentirai plus libre » dit-il avec beaucoup de délicatesse.
Ravie de cette proposition, la quarantaine de spectateurs invités se laisse vite embarquer dans ce lointain pays du Niger, entre désert au Nord et plaines au Sud.
Sani puise ses histoires auprès de sa grand-mère qui l’élève, « la meilleure conteuse du village »
et l’on sent bien que tous ses ancêtres ne sont pas très loin de lui, de nous, dans cette nature décrite souvent peu généreuse mais si palpable et vivante dans ce qu’il transmet.
Après une première partie de contes traditionnels, il nous invite à lui poser des questions pour nous faire découvrir qui il est : son pays, sa culture, ses cicatrices. Les questions sont prétextes à de nouvelles histoires vraies : « j’apprends tellement de vous ici que je tiens absolument à répondre à vos interrogations ».
C’est cela Sani Bouda : avant tout une personne avec beaucoup d’humanité, d’attention au monde et à ses habitants.
Une bien belle rencontre qui se poursuit autour d’un excellent jus de fruit maison et une part de gâteau au chocolat cuit dehors dans le four solaire. Merci à eux.
SANI BOUDA
Samedi 15, 20h30 chez Philippe et Blandine Perraud
Une grange endormie, à quelques encablures du fleuve Loire, et qui se réveille un soir de septembre remplie à craquer de 160 paires d’yeux et d’oreilles, impatients d’accueillir Sani BOUDA qui nous vient de Maradi là-bas au Niger.
Et le chant de Sani jaillit, telle une invitation au voyage.
Visage rayonnant et grave, sourire éclatant et lumineux, regard profond et pétillant, de sa haute silhouette, empreinte à la fois de force et de douceur, Sani embarque petits et grands à la découverte de ses histoires transmises par sa grand-mère et son père musicien.
Et la magie opère qui nous emporte à la poursuite de la Cendrillon du Niger, de l’ermite sage qui vivait dans le royaume de montagne…
Magie des mots forçant le respect de celui qui raconte et nous renvoie au plus profond de l’être.
Et puis le temps du conte passé, des histoires racontées, c’est l’histoire d’une rencontre de ce moment si fort d’échanges entre Sani et son public, entre deux mondes si différents, si lointains mais que l’humanité de Sani permet de rapprocher.
Et merci à Philippe et Blandine, nos hôtes qui nous ont ouvert leur belle endormie et convié si chaleureusement à un fort agréable pot d’amitié.
La belle endormie ne demande qu’à être réveillée de nouveau.
GILLES BIZOUERNE
- Mardi 18, 20h30, Espace René CASSIN
avec
Gaëlle Lysimaque (violon)
Ariane Lysimaque (violon)
Isabelle Garnier (violoncelle)
Doriane Abramo (tablas)
« L’affaire devenait intéressante… »
« Mort de trop. Mort de peu ».
Six mots pour parler du destin des deux enfants d’une chèvre.
Six mots qui suffisent à redonner à l’art du conte sa force et sa noblesse : réflexion politique, regard sur la vie, poésie des sentiments, clin d’œil, rire, émotion.
Gilles Bizouerne ne me laisse pas tranquille.
Sur l’écume délicate des cordes et des tablas, il sculpte le verbe, à l’affût des vérités qui jaillissent de ses histoires.
Il parle aux violons (Ariane et Gaëlle Lysimaque) qui scandent ses phrases et se rient de lui.
Il se love au creux des rythmes lancinants du violoncelle (Isabelle Garnier) ou alors se laisse entraîner par la conversation précipitée des tablas (Doriane Abramo).
Mais jamais il ne parle pour ne rien dire.
Il ne parle pas non plus pour ne rien rire ! Le loup gris qui va d’échec en échec à la recherche de nourriture et qui se métamorphose sous nos yeux pour n’être plus qu’une loque m’a fait rire comme m’avaient fait rire, la veille, les histoires de Debora Di Gilio et Fabienne Morel. De ce rire qui nous fait nous abandonner entièrement à la joie de l’instant et qui laisse en nous l’empreinte de l’insouciance.
Balade contée
Claire Garrigue
Debora Di Gilio et Fabienne Morel
Bob Bourdon
Abakar Adam Abaye
On avait rendez-vous au bac. Il faisait encore nuit noire. Instinctivement tout le monde parlait à voix basse. Puis le groupe, au moins cent personnes, a commencé à bouger, on a tous suivi. Nous sommes partis le long des quais vers Bikini.
J’étais plutôt derrière à saluer ceux que je connaissais quand on nous a demandé de nous taire : rassemblés au bord de l’eau noire, on a entendu une voix, un chant de femme qui s’échappait d’une barque glissant vers nous, à la rame, sur la Loire. La voix était fragile, elle parlait de la terre, de la lumière, de la vague de toute la beauté du monde : (…) «A nous, si nos cœurs sont sages, de prendre et de conserver ».
La barque s’est immobilisée face à la berge. Les silhouettes de la chanteuse et du rameur se découpaient éclairées par une lanterne qui vacillait, comme le chant.
Tous nous retenions notre souffle, le chant était émouvant, ténu.
Sur un signe de la chanteuse, le rameur a fait pivoter la barque et notre groupe s’est remis en marche. Alors, venue de la barque qui s’éloignait, la voix de Claire Garrigue a cessé d’être fragile, elle a bondi, libérée de nous tous qui l’écoutions.
On a marché, le jour se levait.
La deuxième halte a eu lieu dans une ruelle du Pellerin.
Là, chacune à sa fenêtre, Debora et Fabienne ont interprété à capella un très beau chant, plutôt triste, plutôt italien, qui parlait de la mort et nous avions le cœur serré. Quand elles se sont tues, Debora nous a regardés et elle nous a dit : « bon, on va pas vous laisser partir là-dessus… Elles ont alors chanté une deuxième fois, plutôt en breton, un chant vif, l’histoire d’une femme qui quitte son ami parce qu’il s’est vanté de l’avoir possédée. Autour de nous les fenêtres s’entrouvraient sur des visages ensommeillés, intrigués.
On est reparti, on a marché.
La troisième halte a eu lieu dans une « clairière » entourée de murs. Là se tenait Bob au dessus de nous, encadré par une fenêtre sans maison, une fenêtre ouverte au milieu d’un mur en ruine. Au dessus de sa tête s’élevait un arbre poussé de nulle part ailleurs que du crâne de Bob. Il a pris son tam-tam, nous a dit Kwé-Kwé et il a chanté le chant de Bienvenue pour nous tous qui étions maintenant 150 avec ceux qui nous avaient rejoints en route.
On est reparti, on a marché.
Au détour d’un chemin a surgi un cheval blanc, un vaste percheron, avec l’Enfant Noir grimpé dessus . Abaye a exhorté la foule de sa voix puissante en lui demandant de le suivre. Françoise de la Chauffetière guidait le cheval, elle lui parlait doucement pour qu’il soit calme alors qu’Abbaye gesticulait dessus. Les maisons s’ouvraient les unes après les autres et les habitants sortaient sur le pas des portes l’air ébahi, « non mais je rêve ! »…
Le cheval, Abaye et Françoise nous ont servi de guides pour atteindre notre but, une grande maison de pierre suspendue au-dessus de la Loire invisible. Là on nous a proposé du café, du thé, des croissants.
Et comme un dernier présent de ce petit matin magique, un gros cargo a surgi, flottant devant nous sur la brume, et son étrave a dessiné la Loire.
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