Quelques comptes-rendus des spectacles

édition 2008

Annabelle Sergent, vendredi 12 septembre 2008

Délurée. C'est le premier mot qui me vient à l'esprit pour évoquer Annabelle ! L'histoire de Blanche (attention, « Blanche tout court », la conteuse le précise bien) est bien là, mais elle a subi comme une métamorphose, un passage fulgurant au 21e siècle, celui où la marâtre et son miroir sont anglophones, celui où les pommes se trouvent au Unico du coin, celui où le prince est le chauffeur du car scolaire avec son casque en moumoute. Grâce à Gisèle « la grand-mère fée au chignon haut perché poivre et sel », et à sa petite fille Jeanne, Blanche se tire de son sommeil longue durée et hérite d'un prince pas banal. Annabelle entrelace les histoires et les styles avec une verve étonnante, un débit décoiffant et un humour mordant (ou tordant, comme vous voulez). Elle pétille de vie, elle bouillonne plutôt, et maintient notre attention sans un creux jusqu'au bout de son récit.

Sonia Koskas, collège P. et M. Curie, jeudi 11 septembre 2008

Tout commence avec ... rien, ou quasiment rien : un désert et des cailloux. Mais la femme qui y marche se heurte à une montagne de couscous, qu'elle entame avec délice jusqu'à atteindre une caverne aux histoires. De cette caverne Sonia choisit de nous livrer quelques contes traditionnels.

C'est l'occasion d'entendre un très beau mensonge raconté pour séduire une princesse qui se refuse au mariage : un homme qui suit l'une de ses abeilles égarée, qui monte au septième ciel, y trouve un verger dont les arbres produisent des loukoums, etc. dans la même veine absurde et délicieusement sucrée. Il y a également une place de marché grouillante de monde où une femme achète « des soucis contre de la farine » et se retrouve avec un vermisseau inquiétant qu'elle doit nourrir à la viande. Ou encore, ou encore ... Sonia se métamorphose en une sorte de sorcière, sorcière qui attrape un jeune homme très maigre et le fait engraisser avant de le manger, mais celui-ci la berne et lui fait déguster un tajine mijoté avec sa propre fille !

Finalement, cette femme qui marchait dans le désert sort de la fameuse montagne de couscous et vient ... jusqu'au Pellerin, où elle nous conte les histoires qui lui ont été transmises !

 

Gigi Bigot, collège Pierre et Marie Curie, vendredi 12 septembre 2008

Gigi se présente tout de suite comme une « conteuse-Père Noël » : le Père Noël offre des cadeaux qui font rêver, de même les conteurs offrent des histoires qui font rêver ... Je prends un grand plaisir à entendre une nouvelle fois l'histoire du grand-père en chocolat et de la grand-mère en sucre qui se brouillent puis se réconcilient jusqu'à partager leurs saveurs à travers un baiser. Une petite marmite qui se met à « tiptoper » pour nourrir la vieille qui n'a plus rien à manger, un ogre hors du commun qui engloutit malencontreusement ses fiancées, un petit homme qui rêve d'avoir de la force ... Gigi prend le temps d'échanger avec les enfants, elle nous laisse digérer ses paroles et instaure une relation simple. Sans chichis ni fioritures, elle raconte.

 

Gilles Bizouerne, maternelle les Asphodèles, vendredi 12 septembre 2008

Gilles commence par expliquer aux enfants tout le rituel du spectacle : les objets qu'il apporte toujours avec lui pour conter, le moment où il va éteindre la lumière, son « jardin » formé par un tapis qui délimite l'espace du conte, etc. Il instaure tout de suite avec eux une relation de complicité. On se sent à l'aise, on sent que les enfants sont vraiment considérés avec respect.

Les histoires choisies, dans leur diversité, sont toutes porteuses de sens et mettent en jeu nos différents sens...Au temps où le ciel était à quelques décimètres du sol, une petite fille en tranche tous les jours un morceau, en mange une partie et jette le reste au loin. Le ciel se fâche d'être ainsi gaspillé et menace de s'éloigner, ce qui finira par arriver ... Il y a aussi des jeux de mains que nous faisons tous ensemble, la belle histoire d'un pommier dans un jardin et celle d'un château habité par toutes sortes de monstres.

Gilles joue sur tous les registres des sentiments, il évoque l'amour comme la peur. Avec l'histoire de l'ogre, il déclenche des hurlements de frayeur maîtrisés, une pure jouissance pour les enfants que de pouvoir ainsi se défouler ... Merci Gilles pour ce spectacle si riche pour tous.

 

Michel Corrignan, maternelle Asphodèles, jeudi 11 septembre 2008

Un grand barbu face à de tout petits enfants qui s'installent tout doucement sur de tout petits bancs... « Bonjour les enfants, je m'appelle Michel. » Le grand barbu sort de son panier rond un chapeau qu'il transforme en différents objets en accompagnant ses gestes de paroles rimées. Il en extrait ensuite un long doudou, un doudou très doux constitué de différents bouts : l'un donné par sa maman (« que j'aime tant »), un autre par son papa (« mon papa à moi »), un morceau percé qui lui vient de son pépé, un morceau tout rond offert par son tonton, etc. Rimes et chants accompagnent les histoires que lui raconte ce fantastique doudou, celle de la petite maison qui accueille de plus en plus d'animaux comme celle de l'escargot gourmand. Quand Michel en vient aux mésaventures de Monsieur et Madame Pou, les enfants suivent ses gestes avec grand plaisir, tapent des pieds comme la table, tendent les bras vers le ciel pour évoquer l'arbre, gonflent leurs joues comme la source. La confiance s'est définitivement installée entre le grand barbu et les tout petits.

 

Michel Corrignan, samedi 13 septembre 2008


Ecouter Michel, c'est un peu comme revenir à l'époque où les sols des maisons étaient en terre battue, l'époque où les clous sous les sabots crissaient sur la glace, lorsqu'on achetait le café en grains à l'épicerie du village. Le fameux café que chacun met un point d'honneur à trouver « fort » lorsque son hôte lui en offre, le café dont l'épicière coupe si besoin un grain en deux pour vous donner le poids exact correspondant à votre paiement ! Michel ne nous fait pas remonter le temps le façon abstraite, il nous raconte SA vie d'enfant à Remingol. Remingol ? Petit village breton dont il commence par nous décrire les deux rues perpendiculaires et dont nous rencontrons petit à petit les différents personnages : la ravaudeuse qui vient travailler à la journée dans les foyers, le cheminot dans son grand pardessus délavé, la bonne sœur très tentée par le cidre, les cantonniers, etc. Michel nous fait vivre les veillées en famille et celles entre voisins, y compris les veillées mortuaires qui peuvent tourner au fou-rire général ... Jusqu'à évoquer le remembrement, la zizanie qu'il sème dans la commune et la façon dont il a marqué la fin d'une époque.

 

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édition 2007

Troupe de la SACAT de Sésame Autisme

  • Jeudi 13 septembre 2007 à l’espace Cassin

« Chemins de Paroles »

Les enfants de trois classes du primaire arrivent et s’installent aux premiers rangs. Viennent ensuite les travailleurs du CAT de Sésame Autisme 44 venus voir leurs collègues sur scène. On se dit que le spectacle va avoir lieu « en famille ». Mais voilà un minibus qui arrive puis un autre , un autre encore. On ajoute des chaises, d’autres chaises aussi. Et toujours les véhicules dont descendent des malvoyants, des handicapés mentaux ou moteurs, des qui voudraient bien être autrement mais qui ne peuvent pas, des qui pourraient peut-être vivre autrement mais qui ne veulent pas ; tous les fracassés de la vie, les amputés du bonheur semblent s’être donné rendez-vous ce jeudi matin, salle René Cassin. Plus de deux cents spectateurs !
Sur le plateau, sept adultes autistes, femmes et hommes, conteurs au verbe incertain, musiciens de l’improbable. Leur plus grande victoire : se tenir devant nous, seuls sur scène.
Le spectacle commence.
En tant que spectateur, je me dis que je vais sûrement être ému de voir ces gens surmonter leur maladie, leur handicap, je ne sais pas quel terme utiliser, j’ai un peu peur des mots, peur de ma maladresse quand je parle d’eux, peur de leurs maladresses sur scène qui pourraient me mettre mal à l’aise.
Peur de quoi, en fait ?
Peur de la différence ?
La différence est là, je ne peux pas la nier : silences inhabituels entre les phrases, hésitations, déplacements sans but, sans raison.
Sans raison ?
A moins que j’accepte de sortir de ma propre logique pour tenter d’entrer dans la leur.
Alors je perçois que les silences sont habités d’une multitude de questions auxquelles ces conteurs-là doivent répondre avant de reprendre la parole pour que leur présence ici et à ce moment-là ait un sens.
Alors  je comprends que les hésitations sont bien l’expression de l’importance accordée à chaque geste.
Alors je réalise que les déplacements sans but me parlent de l’errance de chacun de nous.

Ce que je croyais maladresse réanime en moi des fragments oubliés d’intelligence.
Mon regard sur l’art de raconter des histoires, ma façon d’écouter de la musique ne pourra plus jamais être la même.


CATHERINE GENDRIN

  • Vendredi 14  chez Muriel Foucher
  • Samedi 15 chez S. et P. ordronneau

 Une route bordée de soie 

Pendant plus d’une heure, Catherine Gendrin nous mène sur la route de la soie et seules quelques mélopées interrompent le cours de l’évocation. Elle puise dans la mythologie, les cultures et les traditions de puissantes histoires qu’elle conte sans rien laisser au hasard, avec concentration, rigueur des mots et expressivité du regard et du geste.
Une princesse chinoise emporte dans sa caravane le secret de la fabrication de la soie et son voyage vers l’occident est l’occasion de haltes et de rencontres qui se font et se défont…
Au Kirghizistan, nous croisons les destins tragiques de Trotte-menue et de Bouse-sèche, celui d’un enfant-loup en Ouzbékistan et l’ultime combat entre son grand-père et la louve. La route se poursuit entre le Turkménistan et l’Afghanistan ; au despote qui demande : « Qui de la braise ou de l’eau  a fait ce « pschitt » que tu viens d’entendre ? Et en quelle proportion ? », la vieille femme répond : « Et qui de ma main ou de ta joue a fait  ce « clac » que tu viens d’entendre ? Et en quelle proportion ? ». Ainsi, le despote aura appris à ses dépens que colère et rire sont les armes des pauvres et qu’on ne peut interdire les conteurs, les bavards et les histoires. Non loin de Bagdad, la ville des mille et une nuits, à Babylone, il faut que Pyrame et Thisbé soient retrouvés enlacés dans leur ultime sommeil pour que leurs deux familles abattent le mur de la haine qui les séparait. En compagnie de Io, nous sautons le Bosphore (appelé passage de la vache), seul passage entre la mer noire et le mer Marmara, entre l’orient et l’occident. Quelques pas encore et se dresse dans toute sa force Hercule, le héros grec, dit aussi Schwarzenegger en Etasunien (« Hercule à New-york » est, il est vrai, le film dans lequel il a tenu son premier rôle au cinéma) ; en conflit avec la pomme de la discorde, il apprend à passer son chemin...

Ainsi, tout au long de cette route riche d'enseignement qui s'est déroulée comme un long fil de soie jusqu'en méditerranée, les histoires ont tissé  le lien.

 

BOB BOURDON                                   

  • Vendredi 14 septembre 20h Chez C.Milet et G. Le Merdy

 « Glooscap »

La pièce a été entièrement vidée de ses meubles. Des bancs occupent tout l'espace. 25 places offertes. Nous y serons 40, serrés, installés également dans l'escalier. Il faut dire que 4 conteurs plus un journaliste de JET FM, qui va enregistrer tout le spectacle sont en surnombre pour écouter Bob Bourdon, Robert Seven Crows de son vrai nom, Amérindien de souche avec une petite touche d'Acadien.
Bob trouvera une petite place devant un coquelicot géant qui décore le mur. Il s'accompagne de son tambourin pour chanter le chant du rassemblement et nous voilà partis.
Pour La Grande Ville où une jeune indienne, enceinte, a choisi de s'exiler. Ses amis, bons génies, lui offrent un jeune castor. Et voilà qu'un récit moderne, basé sur des faits réels, devient un conte où le castor prend toute sa place, ou l'amitié, la générosité, l'attention sont les formules magiques qui permettent de sortir des situations les plus désespérées. Et puis nous côtoyons l'Aigle du Vent et autres animaux mythiques qui nous deviennent tout de suite familiers. Nous sommes aux confins du monde, aux confins du temps, nous sommes chez nous.
Bob parle toujours avec une grande douceur et une grande économie de moyens ; mais quand il pousse, d'un léger mouvement, son canoë d'écorce, nous sommes sur l'un de ces multiples lacs bordés de grandes et lourdes forêts, et nous glissons avec son récit…
La maison était petite , mais l'accueil chaleureux. Nous nous retrouvons devant une table dressée dans la rue à déguster un punch et la soirée s'étire avec le plaisir d'être ensemble.

 

ABAKAR ADAM ABAYE

  • Jeudi 13, café des Halles
  • Vendredi 14 café du Bac
  • Samedi 15 café le Tabula

Quelques habitués, des festivaliers, beaucoup d’enfants, le café est fin comble.
Abaye nous entraîne dans une suite de contes fins, drôles, profonds. Il les ponctue d’intermèdes musicaux, chants accompagnés du goni et parfois lance des appels tonitruants avec une sorte de hautbois sauvage à la puissance 1000 fois plus forte que notre douce bombarde...
Deux clients, alarmés hésitent à entrer, vont faire demi-tour. Une spectatrice, debout sur le seuil, les happe par le bras les pousse de force. Ils se font une petite place au fond, écoutent la fin des histoires, parlent entre eux.
Je ne saurai pas ce qu’ils en ont pensé, mais surement qu”ils s’en souviendront !


NICOLAS BONNEAU

  • Vendredi 14, chez Martine et Xavier BAUDRON
  • Samedi 15, chez Gaëtane et Bertrand RIOCHET

 « Sortie d’usine »

Vendredi soir en extérieur sur la terrasse, chez Bertrand et Gaëtane.                                                                           
Soixante personnes attentives écoutent le chahut de bruits métalliques que fait Nicolas en coulisses. Le spectacle commence et tout de suite nous voici dans le vif du récit :  le désir de Nicolas, fils d’ouvrier soudeur d’entrer en contact avec le monde de l’usine, tel qu’il est vécu de l’intérieur par ceux qui y travaillent. Comment il y parvient par l’intermédiaire Mr Simonneau, ouvrier en retraite, qui a gardé le contact et ses petites entrées dans l’usine et qui lui propose un peu comme un défi de l’emmener voir les gars au travail. Comment il y découvre tout un univers : le travail pénible et insalubre des ouvriers aggravé par l’attitude inutilement hostile de l’encadrement et la mauvaise qualité des conditions de travail, les petits chefs et les délégués syndicaux, différents ouvriers et ouvrières, et aussi le bistrot et son patron.
Nicolas nous fait vivre tous ces personnages en situation, il est tantôt le délégué syndical, tantôt l’ouvrière ou l’ouvrier, et nous les reconnaissons à un geste, un tic, une intonation. Ils vivent et souffrent et rient aussi, et nous avec.
Héritier de la tradition du conte, Nicolas Bonneau collecte des paroles, des souvenirs, des regards singuliers d’ouvriers sur leur vie au quotidien. Mais les anecdotes et autres petits faits vrais qu’il relate, en jouant de tous ses talents de comédien,  entretiennent une mémoire de cœur, de chair et parfois de sang de la condition ouvrière, souvent occultée ou entretenue par des études savantes de sociologues et autres ethnologues.
Le spectacle de Nicolas Bonneau, au-delà de ses qualités artistiques, a profondément ému les spectateurs : chacun y a retrouvé des bribes de sa propre histoire familiale et sociale.
Avec une démarche artistique originale, il s’inscrit dans la tradition du conte en lui donnant une dimension totalement contemporaine.

 

 NORA ACEVAL

  • Vendredi 14, chez Jean Pierre BECK
  • Samedi 15, chez Céline LORAND

 « La science des femmes »

 20 h 30, au bout du quai Provost, chez Céline Lorand. Une bonne cinquantaine de personnes – on a un peu dépassé la jauge prévue, mais c’est très bien comme ça - se pressent pour grimper les quelques marches permettant d’accéder à la grande maison rénovée qui fut naguère un café populaire très fréquenté : « A la descente de la marine ».
 Histoires d’autrefois, d’ailleurs et d’ici. La conteuse franco-algérienne dit ces contes populaires et grivois que se transmettent les femmes sur les hauts plateaux de son sud-ouest algérien d’origine. Récits qui disent leur rouerie et la science de la tromperie que leur prêtent ces vieux imaginaires où l’homme tient la place du jaloux berné, ignorant et nigaud. Sourires jaunes ? Instructif et troublant.
 Une collation de simple et bon aloi, gros pain de campagne et pâtés de même, accompagnés d’un tonnelet de rouge léger, de Loire, prolonge le plaisir dans un aimable brouhaha.
De femmes et d’Algérie, la conteuse parle encore, entourée, remerciée.       

 

 

DEBORA DI GILO et FABIENNE MOREL

  • Jeudi 13,9h30 et 11h30
  • Vendredi 14, 10h30, Sésame Autisme
  • Vendredi 14,18h30, chez Jérôme ADELINE
  • Samedi 15, 20h30  chez Yves Marie et Valérie DALIGAULT

 « Histoire(s)de perdre la tête »

Un duo qui fonctionne à merveille, un vrai spectacle de scène dans ce salon du Pellerin.
Chants, mimes, danses accompagnent des contes sanguinaires reconnus.
De l'émotion, de l'humour et beaucoup de rire pour les 60 personnes captivées par les conteuses comédiennes.
Quelques scènes hilarantes telle la mort du dragon qui a reçu sur le front un oeuf de pigeon décrite
par un journaliste de télévision qui se croit à un match de foot !
Un beau spectacle, un public enchanté, un accueil chaleureux, la soirée se termine autour d'un verre
dans un jardin clos du bourg.

SANI BOUDA                        

Vendredi 14, 17h30  chez Michel et Marie-Anne Bodin

« Gatan gantanku »

Le spectacle devait avoir lieu dans le salon… Mais après avoir découvert le grand jardin et le four solaire, Sani préfère conter dehors, près du grand chêne, avec le soleil déclinant : « je me sentirai plus libre » dit-il avec beaucoup de délicatesse.
Ravie de cette proposition, la quarantaine de spectateurs invités se laisse vite embarquer dans ce lointain pays du Niger, entre désert au Nord et plaines au Sud.
Sani puise ses histoires auprès de sa grand-mère qui l’élève, « la meilleure conteuse du village »
et l’on sent bien que tous ses ancêtres ne sont pas très loin de lui, de nous, dans cette nature décrite souvent peu généreuse mais si palpable et vivante dans ce qu’il transmet.

Après une première partie de contes traditionnels, il nous invite à lui poser des questions pour nous faire découvrir qui il est : son pays, sa culture, ses cicatrices. Les questions sont prétextes à de nouvelles histoires vraies : « j’apprends tellement de vous ici que je tiens absolument à répondre à vos interrogations ».

C’est cela Sani Bouda : avant tout une personne avec beaucoup d’humanité, d’attention au monde et à ses habitants.
Une bien belle rencontre qui se poursuit autour d’un excellent jus de fruit maison et une part de gâteau au chocolat cuit dehors dans le four solaire. Merci à eux.

 SANI BOUDA                        

Samedi 15, 20h30  chez Philippe et Blandine Perraud

 Une grange endormie, à quelques encablures du fleuve Loire, et qui se réveille  un soir de septembre remplie à craquer de 160 paires d’yeux et d’oreilles, impatients d’accueillir Sani BOUDA qui nous vient de Maradi là-bas au Niger.

Et le chant de Sani jaillit, telle une invitation  au voyage.
Visage rayonnant et grave, sourire éclatant et lumineux, regard profond et pétillant, de sa haute silhouette, empreinte à la fois de force et de douceur, Sani embarque petits et grands à la découverte de ses histoires transmises par sa grand-mère et son père musicien.
Et la magie opère qui nous emporte à la poursuite de la Cendrillon du Niger, de l’ermite sage qui vivait dans le royaume de montagne…
Magie des mots forçant le respect de celui qui raconte et nous renvoie au plus profond de l’être.

Et puis le temps du conte passé, des histoires racontées, c’est l’histoire d’une rencontre de ce moment si fort d’échanges entre Sani et son public, entre deux mondes si différents, si lointains mais que l’humanité de Sani permet de rapprocher.

Et merci à Philippe et Blandine, nos hôtes qui nous ont ouvert leur belle endormie et convié si chaleureusement à un fort agréable pot d’amitié.

La belle endormie ne demande qu’à être réveillée de nouveau.

 

GILLES BIZOUERNE

  • Mardi 18, 20h30, Espace René CASSIN

 avec
Gaëlle Lysimaque (violon)
Ariane Lysimaque (violon)
Isabelle Garnier (violoncelle)
Doriane Abramo (tablas)

« L’affaire devenait intéressante… »

« Mort de trop. Mort de peu ».
Six mots pour parler du destin des deux enfants d’une chèvre.
Six mots qui suffisent à redonner à l’art du conte sa force et sa noblesse : réflexion politique, regard sur la vie, poésie des sentiments, clin d’œil, rire, émotion.
Gilles Bizouerne ne me laisse pas tranquille.
Sur l’écume délicate des cordes et des tablas, il sculpte le verbe, à l’affût des vérités qui jaillissent de ses histoires.
Il parle aux violons (Ariane et Gaëlle Lysimaque) qui scandent ses phrases et se rient de lui.
Il se love au creux des rythmes lancinants du violoncelle (Isabelle Garnier) ou alors se laisse entraîner par la conversation précipitée des tablas (Doriane Abramo).
Mais jamais il ne parle pour ne rien dire.
Il ne parle pas non plus pour ne rien rire ! Le loup gris qui va d’échec en échec à la recherche de nourriture et qui se métamorphose sous nos yeux pour n’être plus qu’une loque m’a fait rire comme m’avaient fait rire, la veille, les histoires de Debora Di Gilio et Fabienne Morel. De ce rire qui nous fait nous abandonner entièrement à la joie de l’instant et qui laisse en nous l’empreinte de l’insouciance.

 

Balade contée

  • Samedi 15, 6h45

Claire Garrigue
Debora Di Gilio et Fabienne Morel
Bob Bourdon
Abakar Adam Abaye

On avait rendez-vous au bac. Il faisait encore nuit noire. Instinctivement tout le monde parlait à voix basse. Puis le groupe, au moins cent personnes, a commencé à bouger, on a tous suivi. Nous sommes partis le long des quais vers Bikini.
J’étais plutôt derrière à saluer ceux que je connaissais quand on nous a demandé de nous taire : rassemblés au bord de l’eau noire, on a entendu une voix, un chant de femme qui s’échappait d’une barque glissant vers nous, à la rame, sur la Loire. La voix était fragile, elle parlait de la terre, de la lumière, de la vague de toute la beauté du monde : (…) «A nous, si nos cœurs sont sages, de prendre et de conserver ». 
La barque s’est immobilisée face à la berge. Les silhouettes de la chanteuse et du rameur se découpaient éclairées par une lanterne qui vacillait, comme le chant.
Tous nous retenions notre souffle, le chant était émouvant, ténu.
Sur un signe de la chanteuse, le rameur a fait pivoter la barque et notre groupe s’est remis en marche. Alors, venue de la barque qui s’éloignait, la voix de Claire Garrigue a cessé d’être fragile, elle a bondi, libérée de nous tous qui l’écoutions.

On a marché, le jour se levait.
La deuxième halte a eu lieu dans une ruelle du Pellerin.
Là, chacune à sa fenêtre, Debora et Fabienne ont interprété à capella un très beau chant, plutôt triste, plutôt italien, qui parlait de la mort et nous avions le cœur serré. Quand elles se sont tues, Debora nous a regardés et elle nous a dit : « bon, on va pas vous laisser partir là-dessus… Elles ont alors chanté une deuxième fois, plutôt en breton, un chant vif, l’histoire d’une femme qui quitte son ami parce qu’il s’est vanté de l’avoir possédée. Autour de nous les fenêtres s’entrouvraient sur des visages ensommeillés, intrigués.

On est reparti, on a marché.
La troisième halte a eu lieu dans une « clairière » entourée de murs. Là se tenait Bob au dessus de nous, encadré par une fenêtre sans maison, une fenêtre ouverte au milieu d’un mur en ruine. Au dessus de sa tête  s’élevait un arbre poussé de nulle part ailleurs que du crâne de Bob. Il a pris son tam-tam, nous a dit Kwé-Kwé et il a chanté le chant de Bienvenue pour nous tous qui étions maintenant 150 avec ceux qui nous avaient rejoints en route.

On est reparti, on a marché.
Au détour d’un chemin a surgi un cheval blanc, un vaste percheron, avec l’Enfant Noir grimpé dessus . Abaye a exhorté la foule de sa voix puissante en lui demandant de le suivre. Françoise de la Chauffetière guidait le cheval, elle lui parlait doucement pour qu’il soit calme alors qu’Abbaye gesticulait dessus. Les maisons s’ouvraient les unes après les autres et les habitants sortaient sur le pas des portes l’air ébahi, « non mais je rêve ! »…

Le cheval, Abaye et Françoise nous ont servi de guides pour atteindre notre but, une grande maison de pierre suspendue au-dessus de la Loire invisible. Là on nous a proposé du café, du thé, des croissants.
Et comme un dernier présent de ce petit matin magique, un gros cargo a surgi, flottant devant nous sur la brume, et son étrave a dessiné la Loire.

 

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édition 2006

 

Cécile Bergame, Relais Assistantes Maternelles, 15/09/2006
…Aujourd’hui dans la maison d’accueil RAM-MAÏS, centre social des femmes et leur bébé, des nounous et leur bébé b b b b, une ambiance de nursery, beaucoup de douceurs, bisous, câlins et là une grande  liane conteuse, Cécile Bergamese fait  humble, s’assoit sur le tapis avec les petits et les plus grands et le voyage commence. Cela m’a ramené à la magie des plumes, des bulles et autre boîte à surprises,  ritournelles enfantines. J’en suis ressortie plus ronde comme une bulle de savon arc-en-ciel. Je ne sais pas dans quel état nous allons nous retrouver tous  après ce festival… 

 

Marc Buleon & Sharon Evans, chez D. Godefroy, 15/09/2006
 « Chaka »
…Ce vendredi, au Pé de Buzay, je deviens l’oreille  de cette épopée  violente comme un cauchemar qui prend aux tripes jusqu’aux larmes qui ne nous lâche plus en passant par des soubresauts, des hauts le cœur, des cris silencieux, des étouffements, de quoi embrasser la terre et lui demander réparation jusqu’à cette lente lente si lente émergence de la vie malgré tout, de l ‘amour malgré tout qui vibre et ne s’éteint pas même quand toutes les lumières se sont éteintes. Cette épopée m’a été contée par Marc Buléon Le Passeur  et Sharon Evans chanteuse de blues, un coup de cœur total, deux présences vivantes vibrantes qui restent là dans le corps………………………..c’est sacré et c’est sacrément fort… 

 

Une conteuse, un conteur entourés d'instruments de musique étonnants et devant, une cinquantaine de spectateurs adultes qui vont embarquer pour le sud du continent africain dans un imbroglio de royaumes petits et grands dont l'un verra naître "Chaka".
Commence alors cette terrible épopée rythmée par la parole, le chant, les percussions. De grands moments d'émotion qui poussent les larmes au bord des yeux, suivis d'instants apaisants soutenus par le chant accompagné au n'goni à la sanza et au wang pour renouer avec un peu d'humanité... et assécher les yeux.
Spectacle peu habituel que cette épopée tragédie contée et chantée magnifiquement par Sharon Evans et Marc Buléon dans un « décor » musical à la hauteur de l'interprétation.
Pas beaucoup de commentaires lors du pot offert par nos hôtes, mais la certitude de fortes impressions, de celles-là même qui font les moments puissants que l'on n’oublie pas.

 

Magda Lena Gorska  & Serge Tamas, chez J. Bodeloche, 15/09/2006
 « Contes et chants slaves »
La salle n’est pas tout à fait remplie, l’ambiance est détendue. Le spectacle commence avec une demi-heure de retard due aux embouteillages sur le pont et au bac : certains viennent à pied du bac, un spectateur propose d’aller les chercher.
Le premier conte est long et complexe, pourtant une question d’enfant prouvera qu’il a parfaitement suivi.
La voix de Magda est pleine de charme et sa présence rayonnante. Accompagnée par Serge assis sur son étrange instrument à percussion, elle chante et il mêle sa voix à la sienne. Nous chantons avec elle.
A 20H15 -trop tard donc- je glisse à Magda qu’elle doit terminer rapidement. Joëlle qui a ouvert sa maison n’a qu’un regret : à peine la séance terminée, la plupart des spectateurs filent pour leur deuxième spectacle (qui débute à 20h30). Pas d’échanges à l’issue de la séance et comme nous n’avons pas effectuée la visite préalable, Joëlle n’aura pas vraiment rencontré Magda et Serge. Dommage !

Valérie de La Rochefoucauld, chez R. Rondeau, 15/09/2006
 « Les contes du mandarin »
Pour la seconde fois, Madame Rondeau et ses enfants ont accepté d’accueillir chez eux, avec beaucoup de gentillesse et de chaleur, conteuses et festivaliers de Paroles de Partout.
Dès 20 h 30, leur salon est plein de spectateurs (de 7 à 77 ans, nous pouvons l’attester !) tous joyeux et impatients de découvrir un nouvel univers.
C’est Laureline Vaillant, de l’association AILE, qui ouvre la séance. Son crapaud pensif (et Pellerinais de surcroît) enchante les petites et les grandes oreilles de ce public d’un soir qui salue la faconde et l’énergie de cette conteuse débutante.
Puis Valérie de la Rochefoucault paraît et c’est immédiatement que sa parole mélodieuse et ses sourires tour à tour énigmatiques et facétieux nous entraînent sur les pas d’une princesse désespérément à la recherche d’un amour vrai et d’un mandarin, très vieux, très sage… et un peu magicien (n’est-il pas le fils d’une renarde ?) qui tente de lui faire découvrir, au cours d’un long voyage, les multiples visages d’un sentiment qu’elle ignore. On retient particulièrement celui de la fidélité, incarné par l’histoire des amants de la grande muraille.
Tout l’art de Valérie réside dans une langue riche et poétique qui exalte ces contes traditionnels chinois et japonais. Ses recherches l’ont conduite à fréquenter des textes très anciens, pour les réécrire puis les conter dans une construction très subtile et très séduisante : ses contes sont nichés dans les volutes de la quête initiale dont elle déroule le fil avec grâce.
Cette circumambulation dans des contrées lointaines autour du thème de l’amour nous a tenu en haleine jusqu’au dernier mot.
La parole généreuse de Valérie a suscité une écoute jubilatoire tout au long de cette soirée qui s’est achevée par un pot de l’amitié très enjoué.

Koldo Amestoy, chez Mme et M. Gaté, 15/09/2006
 « Harriola Marriola »
Une bibliothèque. Des livres tapissent le mur jusqu'au plafond. Nous sommes chez M. et Mme Gaté. Annie Louërat s'est chargée de la première partie, et de « chauffer la salle », nous sommes une quarantaine.
Koldo Amestoy arrive, un tambourin à la main. D'une voix chaude, douce, il capte l'attention de son auditoire. Les mots s'égrènent, psalmodiés par Koldo qui ponctue son récit de quelques phrases et de chants dans sa langue, le Basque. Le tambourin donne le rythme, vif, rapide.
Il nous parle d'une grande pierre plate sur laquelle est inscrit « celui qui me retournera ne le regrettera pas ». Invitation à découvrir la face cachée des choses, c'est une histoire sur la vie, sur la nature aussi. On devine l'influence forte de la culture et de la tradition basques. Koldo envoûte son public.
C'est déjà terminé... On sort de cette histoire avec des images plein la tête, des images de cette terre basque qui l'a vu grandir et qui l'a si fortement marqué.

 

Cécile Bergame, chez M. Destoc, 16/09/2006
 « Papotages nocturnes »
Nous montons au deuxième et dernier étage d’une maison ancienne, nous entrons dans un petit appartement et nous passons au salon. Un canapé, quelques bancs : il y a 28 places. Nous y logerons à 32.
Dans un coin du salon, à côté d’une belle cheminée de marbre croulant sous les livres, Cécile Bergame avec sa haute stature, occupe le peu d’espace restant. Ondulant de tout son corps, envoûtant l’espace de ses longs bras souples elle captive littéralement son public. Sa voix est chaude, ses chants si doux, les spectateurs restent tellement subjugués qu’ils en oublient d’applaudir la fin du conte aux infinis rebondissements.
Cécile change de registre, le public s’ébroue, chante, participe. Tout le monde est conquis. On en redemande. Succès qui fait chaud au cœur. Le pot de la fin s’éternise, on n’a vraiment pas envie de quitter Cécile et l’appartement de Mme Destoc. Ce fut une belle soirée d’échanges.

Magda Lena Gorska  & Serge Tamas, chez R. Brazeau, 16/09/2006
 « Contes et chants slaves »
Cette chanson douce qui nous enveloppe, c’est la voix de Magda Lena Gorska qui raconte, pure, enthousiaste, accompagnée par les instruments chaleureux et rassurants de Serge Tamas.
Et la conteuse  nous cajole de ses récits de l’Est mêlés à de doux airs chauds créoles. Les deux artistes  nous dévoilent, comme s’ils avaient vécu la scène, l’histoire de Yann Le Bizarre qui pactise avec le diable afin d’obtenir de bien belles bottes rouges.
Magda nous conte aussi avec beaucoup d’émotion les sacrifices d’une mère et d’un père pour leur fils, tant et si bien qu’au fil des histoires, l’envie de sucer son pouce nous prendrait presque…
Les enfants sont ravis ; les grands aussi.

 

Sharon Evans, chez I. Pinçon, 16/09/2006

 « La rivière sous la rivière »
Petit espace scénique aménagé, devant une cinquantaine de spectateurs d'un public majoritairement adulte et parmi… quelques connaisseurs.
"Dans le vent, l'orage, la lune et les nuages"... Un chant qui "blues", une mélodie qui "jazze" sur des notes de "sanza".
Qui mieux que cette exceptionnelle voix de femme pour nous faire effleurer les délicatesses et les subtilités de la nature féminine ? Durant un peu plus d'une heure, Sharon Evans parcourt les continents lointains, l'Asie, la Nouvelle-Guinée, l'Afrique du sud là où la première femme est née du monde des plantes. Pas de temps morts dans ces voyages à la rencontre de" Nuki", "des Epouses de l'eau", "de la Femme squelette"... Et beaucoup, beaucoup de bonheur à écouter et entendre "chantconter" l'amour.
Lors du pot offert par nos hôtes, nous fûmes nombreux à partager ces belles impressions "dans le vent, l'orage, la lune et les nuages"...

 

Jihad Darwiche, chez Mme et M. Hutin, 16/09/2006
« Récits de vie en temps de guerre »
Un kakémono bleu sur fond de vigne vierge, quelques flambeaux allumés indiquent le lieu magique où une certaine alchimie va se passer.
Un accueil sympathique, une grande pièce chaleureuse où amis, voisins, inconnus même se parlent. Plus de quatre-vingt personnes de tous âges attendent…
Jihad Darwiche intervient. Les mots s’enchaînent et nous envoûtent peu à peu.
Mais est-ce un conteur cet homme qui, d’une voix sobre et chaude narre son enfance, son adolescence, sa vie d’adulte dans un pays meurtri par la guerre ? Cependant il conte sa vie, ses difficultés et tout est adouci par l’amour, l’admiration portée à sa mère qui, au milieu des barrages et bombardements n’a qu’un souci : aider, apaiser ses enfants, petits-enfants par ses paroles, ses vivres et ses fleurs.
La bougie sert de pendule. Allumée en début de récit, consultée de temps à autre, elle active ou enjolive un conte.
Et puis quelques bouts de phrases aux couleurs de maximes :
            … l’espoir c’est comme une plante, il faut l’arroser...
            … un repas pour faire oublier la faim...
            … un conte pour trouver le sommeil…
Qu’il est difficile de se lever alors qu’on vient d’apprendre la maladie de la grand-mère, son lent retour à la vie grâce à sa petite fille et au jasmin.
Mais dans les jardins une sympathique collation attend les participants. Thé à la menthe, sangria, biscuits et délicieux loukoums préparés par notre hôtesse permettent de rester dans l’ambiance tout

Valérie de La Rochefoucauld, chez Mme et M. Doisneau, 16/09/2006
Au feu, tout droit, puis la première à droite, un lotissement, rue des Mésanges, on entre chez Madame et Monsieur Doisneau. Bel accueil, beau public d’enfants et d’adultes et ça commence.
Yann Lézin, impressionnant avec sa faux et son chapeau, raconte trois histoires dans lesquelles la Faucheuse se fait la part belle. En quelques instants l’auditoire est à l’écoute.
Vient ensuite Valérie de la Rochefoucauld, grande, droite, posée. Elle nous embarque dans la Chine des Mandarins. C’est son époque, c’est son pays, on le croirait tellement elle y semble à l’aise. Pas d’artifice, juste une parole ciselée; un beau voyage.

 

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édition 2005

L'Enfant Noir, école de la Genolière, 16/09/05

Les enfants (et les enseignants) ont eu le bonheur de s’envoler vers un pays bien différent du leur. En effet, l’Enfant Noir les a accueillis en Afrique pour un voyage initiatique. Les enfants émerveillés et très enthousiastes, ont pu découvrir un aperçu du bestiaire, des légendes, de la musique, des chants et de la gaieté africaine à travers le talent d’un conteur haut en couleur !
Ti timé !!!! Ka Wa Na !!!!
Qu’on se le dise, des moments comme celui-ci, se sont des moments de partage, d’écoute, de simplicité et même de fraternité !

Luigi Rignanese, chez M. Chavry-Brumeux, 16/09/05

Mille grazie,
Dans leur demeure perchée, face au grand fleuve Loire, ils nous ont bien accueillis, nos hôtes du soir, Caroline et Benoît. 80 paires d’yeux et d’oreilles toutes écarquillées, attentives et embarquées avec Annie Louërat à la rencontre d’un petit prince tellement amoureux des histoires qu’il en transformât la dragonne en belle princesse.
Et puis comme un diable sorti de sa boîte, Luigi Rignanese nous a convié à un voyage baroque et merveilleux en déroulant le fil de vie, voyage où se mêlent comme des poupées gigognes, mythologie, religion, sagesse, révolte, rire et musique.
Tutti Santi ! Tutti Pagani !
Paroles de saints ou de païens, nous étions tous Italiens ce soir-là, même nos peupliers se prenaient pour des cyprès.
Luigi, la Loire a emporté tes paroles et notre joie mêlée.

Christiane Midawa, chez M. Gallois Mauger, 16/09/05

Christiane Midawa paraît, visage bienveillant auréolé par une chevelure expansive, silhouette mince et légère, clochettes aux chevilles. D’emblée, elle fait surgir Anansi qui descend le long d’une liane en fredonnant et dépose à nos pieds une petite boîte d’argile, une petite boîte extraordinaire d’où vont sortir un à un les personnages des contes. Et tous ces personnages, de Macam le petit garçon qui veut toujours en savoir plus jusqu'à la délicieuse menteuse qui rêve de rencontrer son égal en menterie, nous parlent de nous, de nos craintes, de nos espoirs, de nos joies et de nos peines. Christiane Midawa a l’art de susciter nos émotions d’une manière subtile : un texte concis servi par une scansion précise et qui s’insère dans un rythme musical où la mélodie de temps en temps prend le pas sur la parole. Elle danse aussi tout en contant et en chantant, avec beaucoup de douceur et … d’humour : nul n’oubliera sans doute son évocation des jeunes filles africaines dansant comme aux Fest-noz bretons.
A la fin du spectacle, lorsque la boîte d’argile se referme, tout le monde reste assis. Chacun a l’envie de continuer ce voyage au cœur d’une Afrique à la fois réelle et mythique, contemporaine et intemporelle. C’est de tout cela que les spectateurs réunis ce soir vont parler autour de délicieuses tartes et d’un verre de Poiré offerts par la maîtresse et le maître de maison.

Philippe Sizaire, chez M. Louérat, 17/09/05

Philippe Sizaire est un conteur de chez nous, il nous conte des histoires de chez nous.
Dès les premières intonations de sa voix, le public captif est plongé dans son monde. Un monde connu de tous, tout près d’ici.
La poésie de ses mots simples dessine des personnages tour à tour attendrissants, insatisfaits, drôles ou déroutants, et les accords (superbes) de l’accordéon chromatique de Karine Germaix enveloppent le tout d’une atmosphère mélancolique ou dansante.
Au fil des contes, le public découvre la « fille de neige », rayon de soleil dans le quotidien monotone d’un couple de petits vieux, un « gars qu’est jamais content » qui finira par redécouvrir le goût de la vie puis les habitants de « n’importe où », contrée froide et fermée où quelqu’un de « quelque part » réussira à ouvrir les cœurs.
On en ressort à contrecœur, sous le charme, comme d’un beau film au cinéma.
Petit à petit on refait surface, puis on y repense.

Bernard Grondin, chez Mme Gauriaud, 17/09/05

Comme prévu dès qu’il se met à parler un léger roulis s’installe dans la grange qui ne va cesser d’enfler tout au long de la soirée : celui du rire du public. Infatigable, le conteur enchaîne histoire sur histoire et tisse son œuvre de transmission sur une trame de convivialité sans pareille en prenant ses spectateurs comme témoins, complices et même partenaires (Bravo a Maïna qui, à huit ans, a su s’imposer conteuse d’un soir ) des vérités souvent truculentes de son répertoire. Mais il ne faut pas se méprendre : un conteur amusant, peut en cacher un autre, un tendre, un amoureux de la vie, des femmes, un qui s’interroge aussi sur notre manière d’être au monde, d’imaginer ou pas d’autres mondes.
Ce n’est qu’après qu’on s’en rend conte, car évidemment au bout des deux heures passées en la compagnie de Bernard Grondin, ce qu’on retient d’abord c’est ce formidable rire partagé qui nous donne de surcroît une incroyable force de vie, une belle confiance en l’humain.
Après le spectacle, c’est autour d’un certain « punch au muscadet » qui commence à se doter d’une belle réputation dans le cœur des festivaliers que Bernard Grondin très disponible a répondu aux questions de son public d’un soir. Cette magnifique soirée s’est achevée à minuit sonné.

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édition 2004

François Vincent, chez V. Triquet, 17/09/04

Voix aiguë : "Il ne faut pas plumer mon mari !!! Il ne faut pas plumer mon mari !!!" François tourne autour de sa chaise, les bras levés, agitant ses mains et ses doigts en ailes : tous les spectateurs chez Valérie ressentent la détresse de la dame oiseau dont le mari est plumé par les enfants, plus expérimentateurs que méchants. Et puis il se rassied, prend sa guitare, tempo, accord et voix de blues noir : "Laisse-les faire, mon amie, laisse-les faire …"
Un instant de cette soirée "contes à la maison" où François Vincent, avec sa voix, son corps et sa guitare fait vivre pour nous dans un coin du salon non seulement des personnages, mais des univers dans lesquels tous se retrouvent, enfants et adultes de tous âges.
Le temps a passé trop vite. Bon encore une dernière histoire, et François généreusement nous entraîne dans une autre aventure.

Abdon Fortuné Koumbha, collège Pierre et Marie Curie, 17/09/04

[…] La participation de l'auditoire fut à maintes reprises sollicitée par le biais de questions-réponses suivies d'applaudissements mettant à l'honneur l'auteur de la bonne réponse !
Après une heure de récits, le spectacle s'est poursuivi par un temps libre qui a permis à Abdon de répondre aux questions aussi amusées que naïves des élèves :
"Est-ce que vous parlez africain ?" … "Je le parlerai quand toi tu parleras européen !"
Puis à la fin de la séance et avec beaucoup d'intérêt, les élèves ont pu manipuler ses instruments de musique.
Cette intervention a été un grand moment durant lequel les murs du collège se sont envolés pour faire place à l'univers coloré du village de la grand-mère d'Abdon.

Jihad Darwiche, chez Y. Pallard et V. Delabouglise, 18/09/04

Une grange, un soir. La nuit presque tombée. La chaude couleur de la paille comme fond de scène et du monde. Environ cent trente spectateurs installés sur des bancs et sur des gradins en demi-cercle qui rendent le lieu intime. Jihad commence, sans effet, très simplement. En quelques mots, le public est sous le charme. Le conteur Darwiche est identique à l'homme Darwiche, ouvert et généreux. Des phrases courtes, simples, efficaces, avec cette voix qui porte et qui nous emporte en un rien de temps dans le désert ou dans le califat d'Haroun el Rachid. C'est aussi la poésie qui charme comme dans l'histoire des deux pots que Jihad termine en disant : "Heureux ceux qui ont des fêlures car ils laissent passer la lumière !". Un moment de bonheur …

Victor Cova Correa, chez M. et Mme Lainé, 18/09/04

Ce sont 75 petits et grands accueillis comme autant d'hôtes de marque par M. et Mme Lainé qui sagement mais avec impatience attendaient Victor Cova Correa.
Il avait quelque chose d'un condor des Andes notre Victor Cova Correa.
Imaginez nos 75 paires d'oreilles et d'yeux émerveillées et ensorcelées par ce diable d'oiseau doué de la parole et captivées par ses histoires sorties des grands espaces amazoniens qu'il aime tant.
Imaginez les ailes du grand condor, son regard aigu et perçant et son chant, oh oui son chant portant l'histoire d'Esteban, cet homme venu de par la mer et qui transforme la vie d'un petit village.
Imaginez ce grand oiseau racontant avec humanité des histoires qui réconcilient les peuples.
Imaginez des petits enfants reprenant avec bonheur le chant du grand oiseau sauvage et fier.
Imaginez les 75 paires d'oreilles et d'yeux encore emplies de ces mots venus du bout du monde heureux de partager le verre de l'amitié préparé par M. et Mme Lainé.

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édition 2003

Abakar Adam Abaye, Foyer d'accueil du Chêne-Vert, 18/09/03

La pièce est pleine. Les gens du foyer, et ceux qui viennent de l'extérieur, assis côte à côte. L'Enfant noir est devant nous. Il prend son n'goni, joue et capte peu à peu notre attention par son chant.
Viennent alors les histoires. Des histoires qui nous enseignent à respecter nos aînés, à ne pas regretter nos tares car elles peuvent être source de bonheur, à dire la vérité qui nous ouvre toujours une route droite. Des histoires surtout qui nous font rêver et auxquelles tous participent : rires, cris de dégoût, de surprise, de fascination. Chacun semble y trouver son compte.
Une histoire de Sylvie Dolé, conteuse amatrice à qui l'Enfant noir offre la parole, s'intercale entre les autres comme un retour chez nous entre deux voyages au bord du lac Tchad. Un moment nous quittons la hyène, les cases ou l'arachide pour nous retrouver à l'Intermarché du Pellerin et sur le quai du bac !
Quand l'Enfant noir chante pour la dernière fois avec son n'goni, ce n'est déjà plus pareil qu'au début : maintenant on se connaît, les rapports sont plus faciles.

Florence Desnouveaux, chez V. Triquet, 19/09/03

Des paroles douces et des mains qui parlent elles aussi.
Florence attrape les histoires, les cueille et nous les retransmet. Des escargots naissent de ses poings, un château hanté de ses doigts. Ce n'est pas une lointaine artiste sur son piédestal, c'est une femme proche de nous qui intègre à ses récits les répliques des enfants. Petits et grands sont attentifs, dans ce lieu convivial où l'on a été si bien accueilli.

Nathalie Le Boucher, SACAT "La Chauffetière" Sésame Autisme, 19/09/03

Après Nathalie, Marc a pris la parole et l'une de ses histoires semblait faite exprès pour décrire ce qui venait juste de se passer sous nos yeux. C'était l'histoire d'un peintre qui, en n'utilisant que son pinceau et ses encres de couleur, parvenait à donner vie aux êtres qu'il dessinait.
De la même façon, avec son corps pour pinceau et sa voix pour couleur, Nathalie venait de faire vivre devant nous éléphants, tortue, biche, grenouille, tigre ou chat. Nous avons ri de la démarche du bébé éléphant ou du chat apeuré. Des remarques ont fusé ; des grognements de joie ou de peur se sont fait entendre ici ou là. Le public n'est pas du tout resté indifférent.
Seuls quelques-uns des résidents sont "passés à l'acte" et ont imité les gestes de Nathalie, mais tous ont été entraînés par ses mouvements majestueux et déliés.
Après les contes est venu le temps de la discussion autour d'un verre servi par les résidents : la rencontre s'est poursuivie. Echanges entre certains résidents et les deux conteurs.
Devant l'impact que le spectacle a eu sur ces jeunes adultes autistes ou psychotiques, la responsable du SACAT a proposé de mettre en place quelque chose autour du conte et de la parole sur le long terme. A suivre …

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